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vendredi 2 novembre 2007

Je suis un incompris....

Cette semaine, dans l'exercice de mes fonctions, j'ai téléphoné chez nos amis de Microsoft.

- For english press one, For French press 2.

Sachant fort bien que mon accent anglais est un peu pathétique, je pressai 2.
Comme la majorité des services d'appel, une petite musique quétaine nous tient réveillés pendant l'attente de quelqu'un qui pourrait répondre à nos questions. Sporadiquement, un message me répète "de quitter ne pas". Ça regarde déjà mal....

— Hi, can I help you? Tell me your name and your lastname....
— Euh... Est-ce que vous parlez français?
— Oh... Un momento por favor.

Sur ce, j'ai raccroché.... Je n'avais pas le goût d'utiliser mon cours d'espagnol-débutant pour dénicher quelqu'un qui parle français...

Déjà qu'en France je me suis déjà fait répondre en anglais....

jeudi 11 octobre 2007

Je suis vif d'esprit

L'esprit embrumé je me dirigeais lentement mais sûrement vers l'arrêt d'autobus ou de nombreux banlieusards attendaient comme moi leur carrosse vers la grande ville.

Un rapide coup d'oeil vers la file m'annonça que je ferais fort probablement le trajet debout. J'évitai soigneusement de croiser le regard éteint de Gollum qui arpentait la file à la recherche d'une proie naïve qui ferait la gaffe de lui répondre poliment. Depuis 2 jours, un homme dans la 40aine tentait tant bien que mal d'ignorer les propos incohérents du chasseur, ce qui me laissait un peu de répits. Toutefois, aujourd'hui, la proie avait décidé soit de changer de station ou d'horaire puisque notre chasseur guettait...

Je m'installai en retrait de la file et je profitai de la corpulence de la dame devant moi qui m'offrit une très bonne couverture. Un autobus déjà bondé arriva et seulement quelques personnes choisirent d'embarquer, dont la dame devant moi. Aussitôt, mon chasseur m'aperçut et se dirigea vers moi, de la bave dégoulinant de sa lèvre inférieure. J'avais un choix à faire et il fallait faire vite. Je jetai un coup d'oeil vers l'autobus et ciblai une place libre. D'un pas rapide, je passai devant lui et gravis mes « stairways to heaven » sans me retourner. Je pris place et vis Gollum s'approcher lentement de la fenêtre attenante. Heureusement, l'autobus quitta la gare et le laissa là, le regard toujours aussi éteint...

vendredi 5 octobre 2007

Je suis un irresponsable

Voici un nouveau billet dans ma nouvelle série originale (doh!) nommée «Je suis un ou une.... ». Évidemment, pour faire une série, il faut au minimum avoir 2 ou plus, donc il se peut fort bien que ça s'arrête là!!

Encore une fois, l'action se déroule dans les transports en commun. Il s'en passe beaucoup de choses en 4 heures dans une journée.

Une jeune fille est assise à côté de moi, un café à la main. Idée totalement loufoque dans le métro quand ledit verre en styromousse sans couvert est rempli à ras bord d'un liquide probablement bouillant. À chaque station, le contenu risque de se ramasser sur ses genoux et du même coup sur les miens. Habile de la babine, elle réussit finalement à avaler ce réveille-matin liquide avant que l'inévitable arrive.

Jusqu'ici, rien d'extraordinaire... Toutefois, une fois terminée, elle jeta son verre à ses pieds. Je l'ai vu du coin de l'oeil et j'ignore pourquoi je n'ai absolument rien dit ou fait.

Donc, aujourd'hui je m'autoflagelle pour mon manque de couille envers une malpropre.... Vous auriez dit quelque chose vous?

jeudi 27 septembre 2007

Épisode 25 - Je suis un salaud

Aujourd'hui, je vais en rajouter un peu sur la faune bizarroïde qui quotidiennement peuple les transports en commun. Tout ceci pour démolir une affirmation qui dit que d'être gentil et aimable, c'est payant....

Alors que je fais le pied de grue en attendant un autobus qui 5 fois sur 5 est en retard ou carrément bondé, j'ai le temps d'observer mes nombreux concitoyens de banlieue. Parmi eux, un type qui doit avoir une 40aine d'années, mais qui à cause d'un retard psychologique, en parait à peine 20. Oreilles décollées, regard absent et lèvre inférieure molasse qui ajoute au personnage une difficulté à se faire comprendre. Tous les jours, il tente tant mal que bien de se faire des amis. Sa technique? Il parle à quelqu'un, un homme de préférence et si la personne ciblée lui répond, il s'agrippe à elle comme si c'était devenu de grands amis. Donc quotidiennement, il va s'asseoir à côté de sa proie et lui débite un flot de paroles incompréhensibles.

J'ai vu plusieurs personnes exaspérées changer de place dans l'autobus afin de se libérer du mauvais sort. Avec un peu de pitié, je regardais les échecs du chasseur d'amis. J'évitais toutefois son regard éteint, afin de ne pas lui lancer une invitation sans le vouloir.

Un bon matin, sans proie à grignoter (est-ce qu'elles ont décidé finalement de prendre leur auto?), le chasseur s'est arrêté devant moi...

— Wesque zu voueux bouin moin ammmmmi?

Ça y est, le mauvais sort était lancé. Du vaudou? Je l'ignore... Ne réponds pas, ne réponds pas...

— Oui, répondis-je sans trop de conviction. Il paraît que lorsqu'on ne comprend pas ce qu'une personne dit, 1 fois sur 3, « oui » est une réponse acceptable.... Pas cette fois.

Donc, depuis ce temps... à tous les matins, le chasseur tourne autour de sa proie.

Un matin où l'autobus était vide, (J'essaie encore de comprendre ce qui s'est passé ce matin-là...) je me suis assis tout au fond de l'autobus. Enfin, je pouvais respirer à fond sans que mes côtes chatouillent l'aisselle mal entretenue d'un voisin de banc. Je sors un livre de mon sac afin que le voyage paraisse moins long. Je relève la tête et je vois le chasseur se diriger vers moi. Évidemment, il vient s'asseoir sur le banc limitrophe. Je tente de l'ignorer et plonge mon regard dans mon bouquin.

— Wesque zu voueux bouin moin ammmmmi?

Encore l'incantation maudite.... Je me retiens et ne réponds rien. Il me tapote l'épaule afin d'attirer mon attention. Je résiste. Il recommence. Je lève la tête.

— Excuse-moi, mais je n'ai pas le goût de jaser ce matin.

Sans attendre une réponse, je replonge la tête sur ma lecture qui actuellement ne me sert qu'à éviter mon chasseur. Il recommence son manège et me touche l'épaule.

— Wesque zu vu mouin ventre?

Je suis curieux, je réussis enfin à comprendre un mot. Pourquoi me parle-t-il de ventre? Je relève la tête et avec horreur le voit relever son chandail et se taponner le ventre en déboulant un flot de paroles incompréhensibles..

Ma patience a des limites.... mais on ne se taponne pas le ventre en me regardant. Depuis ce jour, je me suis coupé les cheveux et j'enfile mes lunettes la majorité du temps. Il ne m'a pas encore reconnu... Je compte les jours...